… en jouant à Jeu d’influences*, qui m’a tenue en haleine du début à la fin et ce en dépit d’un gameplay très simple, de choix presque binaires, d’un traitement graphique basique et d’une économie de moyens au niveau des voix… Alors, vous allez me dire, pourquoi ce post ? C’est simple :

EngagementAttention, si vous passez cette étape, vous risquez d’aller jusqu’à la fin…

ça fonctionne très bien (immersion, engagement, et apprentissage) et ça vaut le coup de se demander pourquoi pour s’en inspirer et créer des serious games formatifs encore plus immersifs et efficaces.

Immersion

Le décor est planté en quelques minutes ; en tant que joueur, vous incarnez un chef d’entreprise dont le plus proche collaborateur et ami vient de se donner la mort… Un habillage graphique sommaire et crayonné (on aime ou on aime pas mais ça marche), une musique prenante vous plonge dans l’univers, une voix off  parcimonieuse mais efficace vous fait entrer dans la peau de votre personnage, à moité vous, à moitié lui.

Immersion

Votre mission : limiter le bruit médiatique au maximum pour éviter les retombées qui pourraient faire basculer votre entreprise… Vous recrutez un spin docteur…

Je ne suis ni chef d’entreprise, ni spin docteur mais je suis entrée dans le jeu et j’ai appris un tas de choses sur la communication, le principe de réalité, les jeux de pouvoirs, la duplicité de certains des choix que nous avons à faire… et je décrypterai avec sans doute un peu plus de clairvoyance les prochains scandales médiatiques.

Tiens, j’ai parlé d’apprentissage et d’augmenter mon sens critique… N’est-ce pas ce qu’un éditeur de serious games pour la formation rêve de faire ?

Ingrédients

La force du serious game réside dans la combinaison de plusieurs éléments, que Yannick Mégoz, notre Instructional Game Designer, résume ainsi :

  • la force du scénario
  • la simplicité du gameplay : des choix binaires mais très impliquants et qui influent sur la progression de l’histoire
  • l’expérience sociale :  à la fin des 5 chapitres, vous comparez vos choix à ceux des autres joueurs et vous pouvez partager sur les réseaux sociaux
  • la réalité alternative parce que vos décisions sont reprises au « vrai » JT et quand « Elise Lucet vous demande des comptes sur le plateau de 13h, c’est bluffant, limite flippant »

J’ajouterai :

  • la possibilité de visualiser comment vos choix influent sur le système avec la présence permanente à l’écran de 3 jauges : unité de bruit médiatique (mesure utilisée dans la vraie vie par les spins docteurs), votre niveau de stress, et la confiance de votre spin docteur
  • des documentaires portant sur les dernières grandes affaires (Findus, Cahuzac…) à visionner et qui donnent corps à vos choix et au poids de l’histoire et de votre implication.

In fine, vous apprenez et ce d’autant plus que l’expérience émotionnelle est forte.

Pour approfondir les mécaniques du jeu et les intentions du game designer, je vous recommande la lecture du post mortem que le game designer a rédigé sur ce jeu : instructif, intelligent et dans un style accrocheur.

Je vous en livre ici un petit extrait que je trouve particulièrement pertinent :

« Dans Jd’I, vous êtes Louis Esmond, donc, très bien. Mais vous êtes aussi vous-même, et mon but, en tant que game designer de jeux du réel est de vous amener à concilier les deux. Je souhaite que vous preniez des décisions en fonction à la fois de ce que vous, personnellement, pensez être la bonne attitude à avoir, mais aussi des conséquences éventuelles pour Louis. Et s’il y a des frictions entre les deux, tant mieux ! C’est, à mon sens, un bon moyen de vous faire vivre une expérience marquante – véritablement documentaire. »

Quand on designe un serious game pour la formation, on cherche à produire cette friction, car elle est essentielle dans le processus d’apprentissage.

Fin de jeu

 Voici ma fin de jeu :

Expérience sociale

Et vous ? Partagez vos résultats avec nous dans les commentaires !

* Jeu d’influences a été produit par France TV, Nouvelles écritures.

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