25 janvier : quelle signification se cache derrière cette date ?
La journée nationale de lutte contre le sexisme, célébrée chaque année, illustre un fait qui perdure : le sexisme demeure enraciné dans les esprits et les comportements, notamment en milieu professionnel.
Comment justifier cette constance ? Quelles sont les manifestations les plus fréquentes de sexisme et de harcèlement sexuel dans le monde du travail ? Et avant tout, comment chacun peut-il agir à son niveau pour réduire ces inégalités ?
De quoi parle-t-on ?
Définition du sexisme...
Nous parlons d’agissements sexistes pour « tout agissement lié au sexe d’une personne, pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement qui serait intimidant, hostile, dégradant, humiliant, voire offensant » (Article L1142-2-1, Code du Travail).
Généralement considéré comme le produit d’une structure patriarcale sociale, le sexisme est fondé sur une idéologie reposant sur la conviction de l’infériorité des femmes face aux hommes. Il se manifeste de diverses manières : gestes, paroles, actions et conduites… allant des plus bénins (commentaires…) aux plus graves (violences, viols, homicides…). Ces actions visent à déconsidérer, marginaliser, rabaisser ou maltraiter les femmes et ont des répercussions sur elles, telles que la confiance en soi, le bien-être psychologique et physique, ainsi que le changement de comportements.
... qui peut impliquer du harcèlement sexuel
Car le harcèlement sexuel n’exclut pas l’agissement sexiste, bien au contraire.
Selon sa définition légale, le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d’imposer à une personne de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexiste ou sexuelle, qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créant à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
De plus, nous pouvons considérer le harcèlement sexuel comme un motif de poursuite :
- Lorsqu’une personne est exposée à des commentaires ou comportements de nature sexiste ou sexuelle provenant de plusieurs personnes qui se sont concertées, sans qu’aucune d’elle n’agisse de façon répétée ;
- Lorsqu’une personne subit des remarques ou comportements à caractère sexiste ou sexuel, venant de plusieurs individus qui ne se sont pas concertés mais savent que cette personne a déjà été victime de tels agissements.
Des chiffres affolants...
Selon le rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) pour l’année 2025-2026 :
- 94 % des femmes âgées de15 à 24 ans trouvent qu’il est plus dur d’être une femme aujourd’hui, comparativement à 67 % des hommes dans la même tranche d’âge ;
- 4 femmes sur 10 affirment avoir subi une injustice ou une humiliation en raison de leur statut féminin ;
- 76 % des employés estiment que la parité n’est pas respectée entre les femmes et les hommes sur le lieu de travail.
... qui reflètent plus que jamais la réalité
Le sexisme ne se manifeste pas uniquement à travers des remarques isolées : il façonne les disparités professionnelles. La différence de rémunération nette entre les femmes et les hommes s’élève à 14,2 % en équivalent temps plein, et grimpe jusqu’à 23,5 % dans le secteur privé. De plus, les emplois à temps partiel sont également occupés par 80 % des femmes, qui ont moins d’accès aux postes les plus lucratifs (Rapport du Haut Conseil à l’Égalité, 2025).
Le sexisme est donc bel et bien ancré dans notre système : il impacte les processus de recrutement, d’avancement professionnel, de rémunération et même la distribution des responsabilités quotidiennes.
Quelles sont les formes d'agissements sexistes et de harcèlement sexuel les plus courantes au travail ?
Des remarques déplacées...
Les remarques « bénignes » sexistes sont souvent sous-estimées, alors qu’elles instaurent une ambiance hostile. Blagues, surnoms, commentaires sur l’apparence… les commentaires obscènes ou dégradants continuent à prospérer dans le milieu du travail. Selon le baromètre d’IPSOS (Stop au Sexisme Ordinaire en Entreprise, 2025) :
- 3 femmes sur 4 déclarent avoir subi des plaisanteries sexistes, une problématique qui n’a pas baissé depuis 2023 ;
- Près de 40 % des femmes ont affirmé avoir déjà été abordées par un homme avec un terme sexiste (« ma grande », « Miss »…), bien qu’un homme sur deux considère ces expressions comme bien intentionnées, voire louables ;
- 2 femmes sur 3 ont évoqué avoir été confrontées à des comportements sexistes lors de réunions, des situations que 64 % de leurs collègues de sexe masculin ne voient pas.
... à la fausse séduction
Ces comportements déviants, notamment en raison du pouvoir hiérarchique qui autorise l’imposition de contraintes, peuvent conduire à des cas de harcèlement sexuel : cet abus de pouvoir, manifesté par des menaces concernant les conditions d’emploi, des actes de chantage liés à la promotion ou au licenciement pour obtenir des faveurs sexuelles… est clairement considéré comme du harcèlement.
Cependant, il est difficile de faire la distinction entre un harcèlement sexuel manifeste et une simple tentative de séduction mal interprétée, d’une interprétation paranoïaque ou d’une manipulation malveillante…
Il incombe aux dirigeant d’entreprise de mettre en place des mesures pour combattre le harcèlement sexuel et d’agir promptement pour y mettre fin si cela se produit.
Et quand est-il du sexisme... bienveillant ?
Souvent déguisé en protection ou en valorisation, le sexisme bienveillant est particulièrement insidieux car il contribue à renforcer les stéréotypes de genre. Il peut se manifester de plusieurs façons :
- Des attitudes « paternelles » : par exemple, « Je ne te confie pas le dossier de ce client qui est compliqué, ce serait trop complexe pour toi » ;
- Des éloges malvenus basés sur des qualités présumées féminines : « Les femmes ont un don naturel pour la communication », ou encore sur la tenue vestimentaire : « Cette robe rouge te va vraiment à ravir » ;
- Un placement sur un piédestal qui confine dans des rôles genrés.
Le risque du sexisme bienveillant réside dans le fait qu’il peut être perçu comme de la sollicitude, alors qu’en réalité, il limite les perspectives professionnelles et perpétue les barrières invisible.
Comment prévenir le sexisme au travail ?
Outiller les équipes
La prévention s’instaure principalement par une culture du consentement et une intolérance absolue aux comportements sexistes. Pour changer la situation, il est nécessaire que les entreprises :
- Forment tous les employés y compris les managers, à identifier les préjugés inconscients et les micro-agressions ;
- Mettent en place des voies de signalement accessibles et anonymes ;
- Indiquent explicitement les sanctions en cas de non-respect.
Sensibiliser...
Chez Daesign, nous offrons un Rapid Learning basé sur les savoirs essentiels dans une démarche de sensibilisation et de prévention. Persécuteur, personnes persécutés, observateur… Ce module examine le sujet sous différents angles, dans le but de transmettre un message compréhensible et clair à tous.
L’objectif de ce Savvy Learner est de :
- Reconnaître les stéréotypes.
- Remettre en question ses représentations : quelle est votre opinion à ce sujet ? Des chiffres sur le harcèlement sexiste et sexuel. Avez-vous mentionné le consentement ?
- Être familiarisé avec la loi : que signifie le harcèlement sexuel ? Quelles sont les sanctions ? Comment établir la preuve ? Que devrais-je faire ? Quelles sont les options disponibles ? Concentrez-vous sur le cyberharcèlement.
- Comprendre les mécanismes : les stratégies des harceleurs, les impacts sur les victimes…
- Adapter sa posture professionnelle : comment réagir ? Comment agir ? Accueillir le récit d’une victime.
... et prévenir
Nous offrons également un Savvy Learner conçu pour aider les managers, les ressources humaines et les représentants du personnel à prendre conscience de la responsabilité spécifique qui leur incombe dans la lutte contre le harcèlement sexuel et sexiste au sein de leur organisation ou de leur équipe. Élaboré avec une orientation clairement opérationnelle, il regroupe de multiples exemples pratiques pour se former à la gestion de situations réelles.
Le Rapid Learning aborde :
- L’identification des enjeux en tant que preneur de décisions.
- Prévenir le harcèlement de nature sexuelle et sexiste : évaluer son milieu de travail, les meilleures méthodes pour prévenir.
- Intervenir en réponse à une situation déclarée : accueillir une personne en détresse, effectuer une écoute attentive, analyser une situation et identifier les risques.
Contribuer, chacun à son échelle
Le sexisme en milieu professionnel n’est pas une fatalité. En adoptant une approche de tolérance zéro, en formant les équipes et en écoutant les victimes, chaque organisation peut jouer un rôle dans la transformation et agir contre le sexisme.
La journée du 25 janvier est donc une occasion d’éveiller les consciences, d’inciter les organisations à mener des campagnes de sensibilisation et de personnifier la lutte contre le sexisme à tous les niveaux d’âge et dans tous les contextes.